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samedi, septembre 16, 2017

J-22 et de ... 5 ...

BONNIER Georgette

Conseillère en formation continue pour adultes au ministère de l’Éducation nationale, Georgette Bonnier a partagé sa vie professionnelle entre l’Ain et Paris. Elle écrit en 2014 Le jour où je serai reine, un récit inspiré par sa mère. Aujourd’hui, elle publie un second roman, une plongée dans le monde de l’enfance et de l’adolescence, au cœur d’un quartier populaire cheminot des années 60.

« Le monde de Zoué »

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Zoué vit au Trou, un quartier populaire au sud de Lyon, coincé entre la voie ferrée et la nationale, proche des ateliers dits des « machines » où se fabriquent et se réparent les locomotives. Le monde de Zoué est aussi celui des années 60, une époque où syndicat et parti communiste jouent un rôle important dans l’organisation de la vie sociale, en particulier dans le milieu cheminot.
Georgette Bonnier nous livre une galerie de portraits truculents des habitants de ce quartier, autant d’acteurs, de héros qui constituent, tel un patchwork, le monde de Zoué. Enfant, adolescente, puis jeune adulte, Zoué partage avec nous ses émotions, ses interrogations sur l’amour et l’amitié, ses difficultés à se projeter dans l’avenir alors qu’elle ne connaît même pas un bachelier !
Joseph, le père de Zoué, taiseux et taciturne, ne rigole pas et on le sait prompt à l’usage de sa vieille ceinture, recyclée en martinet. Un jour, cependant, il lui fait une déclaration : « Tiens, toi qui lis tout, lis ça. » C’est avec ces mots qu’il remet à Zoué un gros livre, qu’elle refermera aussitôt… Mais c’est sans compter sur les relations particulières que son père entretient avec la famille Lançon.

« Le jour où je serai reine »

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Rita, le personnage de ce monologue a engagé un ultime combat. Une forme d’éternité dans ce regard bleu, délavé par le sel de la vie. Rita naît quelque part en Italie. Sa famille connaît la misère et émigre en France dans les années trente, les usines textiles du Dauphiné ont besoin de main-d’œuvre pour fabriquer les musettes et autres bâches pour l’armée. « On est arrivés par camion comme les Algériens et on nous a mis dans une usine désinfectée. » Son père, cet aventurier qu’elle dit avoir vu pour la première fois quand elle avait sept ans, meurt. Rita reste en France avec une sœur.
Une vie sans lecture, sans écriture, sans éducation, sans médiation, sans principe de précaution. Primitive, fauve. Une errance dans la misère, puis quarante ans avec Joseph, prince déchu, avec qui elle fut « malheureuse comme des pierres ». Il disparaît, Rita est encore jeune, enfin libre. Tout est lâché. Les princes se succèdent. Enfin en pleine possession de sa vie, elle sait mettre en œuvre les grands principes, avec un instinct et une audace toujours intacts : usus, fructus et abusus !
Rita parle, chante et elle nous embarque dans sa quête éperdue d’un ultime flibustier, prince des mers, qui viendrait l’emporter sur une île ; aux trésors, bien sûr…

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